Historique

De 1824 à 1883, l’éducation des jeunes filles à la Martinique était assurée par les religieuses du Pensionnat de Cluny à Saint-Pierre. Le pensionnat Colonial des Jeunes Filles, créée par le Conseil Général de la Martinique, fut ouvert le 6 novembre 1883, rue Victor Hugo à Saint Pierre. Il est placé sous la direction du personnel recruté, pour sa majeure partie, en Métropole. L’établissement reçoit des internes, des demi-pensionnaires, des externes libres et des externes surveillés. L’enseignement religieux est assuré par un ecclésiastique. Devenu établissement autonome depuis 1901, son programme est conforme aux plans d’études des écoles de la Métropole. Après la catastrophe de 1902, le Pensionnat Colonial est transféré à Fort de France. Situé dans l’actuel Collège Ernest Renan, il est transformé en lycée de Jeunes Filles en 1949. Depuis 1961, le lycée de Jeunes Filles a été transféré de façon progressive dans les locaux que nous occupons actuellement. Situé dans la banlieue ouest de Fort de France, façe à la rocade, il comporte sept bâtiments réservés aux salles de cours, dont l’un abrite l’internat. parmi les dates récentes, nous pouvons retenir les suivantes : * Octobre 1961, l’internat ouvre ses portes mais les cours continuent à être dispensés dans l’établissement de la rue Ernest Renan, un service de car assurant le transport des internes. * Octobre 1962, les bâtiments I , II & III entrent en service pour les cours dispensés aux élèves du premier cycle. * Octobre 1963, l’aménagement du bâtiment IV avec les salles spécialisées de Sciences permet l’admission des élèves du second cycle. Parallèlement, le nombre de divisions des classes de sixième et de cinquième diminue : ces dernières sont regroupées à l’établissement de la rue Ernest Renan, qui devient annexe du lycée de Jeunes Filles, puis C.E.S. autonome. * Octobre 1970, les derniers bâtiments V et VI sont mis en service. * Octobre 1976, les dernières classes du premier cycle sont supprimées. * Octobre 1978, le lycée de Jeunes Filles devient le Lycée Polyvalent et de nouvelles sections sont ouvertes : 1ère B , 1ère F7, 1ère F8, 1ère G1 et 1ère G3. * Octobre 1984, ouverture de la section G2. * Octobre 1987, création du BTS de Biochimiste. * Septembre 1994, ouverture du BTS Force de Vente. * Septembre 1995, ouverture du BTS Tourisme et de la classe Prépa EC Voie économique. * Septembre 1996, ouverture de la classe préparatoire de Lettres Supérieures (1ère année) et de la FCIL (préparation au concours d’infirmier). * Septembre 1997, ouverture de la classe préparatoire de première année supérieure de Lettres et de MPSI/PCSI (1ère année). * Septembre 1998, ouverture des classes PC et MP. * Septembre 2001, ouverture d'une classe PSI.

Qui est Marie-Thérèse Gertrude

Quand on connaît la vie studieuse de cette martiniquaise de valeur, on n'est pas surpris de noter que la rue qui porte son nom par délibération du conseil municipal du 21 avril 1959, abrite un établissement scolaire. Née à Saint-Pierre le 28 novembre 1899 d'un père capitaine au grand cabotage, Marie Thérèse GERTRUDE grandit à Fort de France dans une famille de cinq enfants dont elle est la troisième. En 1914, grâce à une bourse, elle entre au Pensionnat Colonial. En 1919, elle s'inscrit au Lycée Schoelcher d'où elle sort titulaire du baccalauréat sciences en 1921. Marie Thérèse GERTRUDE travaille pendant trois ans de 1921 à 1924 comme enseignante au Carbet puis au Robert et enfin au Lamentin. Un élan intellectuel la pousse vers l'enseignement supérieur. Munie d'une bourse de la Colonie, elle s'installe à Paris et en 1927, elle est licenciée ès-sciences. A l'instigation de son maître éminent, le Professeur Raoul COMBES, elle se passionne pour les travaux pratiques. Le laboratoire devient pour elle une sorte de temple de la pensée où elle s'initie avec acharnement à tous les rites, ce qui lui permet de gravir tous les échelons de la science. En 1937, elle obtient à la faculté de Paris, le diplôme de Docteur ès-sciences pour une thèse remarquable sur "l'action du milieu extérieur sur le métabolisme végétal et la morphogénèse en milieu aquatique" En 1938, elle est titulaire d'une chaire à la Faculté des Sciences. Elle est, après Madame RAMART et Madame JOLIOT-CURIE, la troisième femme à occuper une chaire en Sorbonne. Une très belle victoire dont Marie Thérèse GERTRUDE ne tire nulle vanité, sa science n'ayant d'égale que sa modestie. Aucune française d'outre-mer n'était parvenue avant elle à une telle place dans la recherche et l'enseignement scientifique. Très simple, discrète et réservée, Marie Thérèse GERTRUDE a consacré sa vie à la recherche et à la formation des savants de la Nation. Lorsqu'elle s'éteint à Paris le 15 septembre 1952, le monde scientifique lui rend un solennel hommage. Extraits du livre "Fort de France : Les Hommes d'hier dans nos rues d'aujourd'hui" Marie Eugénie ANDRE - Danielle MARCELINE - Marie Alice ANDRE-JACCOULET - Gaëlle MEZIN - Maxe Marie GLAUDON - Nicole NIMAR - Monique MANCHO - Juliette OREL Editions Femmes Actuelles - Mai 1986.

photo lycee1961